Mercredi 15 août 2007
Chers lecteurs,

cette lettre s'adresse à vous.
C'est une lettre d'Adieu.
Avec un grand A car celui là est réel.

Je n'ai pas envie de m'épancher parce que je ne sais pas quoi dire.

L'inspiration n'est plus là et ce blog me pèse plus qu'autre chose.
J'aurai préféré qu'elle vienne au moins pour ces adieux car je les trouve assez fades. Ca doit être en rapport avec la couleur du ciel, peut-être. Ou la couleur de mon coeur en ce moment. Je ne sais pas trop.

Je vais alors simplement tous vous remercier d'être passé par là et d'avoir laissé vos avis de temps à autre.
Partir ne veut pas dire ne plus vous revoir alors je pense passer à nouveau chez vous.

Pour ceux qui connaissent mon "vrai" blog, j'espère vivement vous retrouvez là-bas.

Je tiens à également à vous dire chacun un petit mot car vous êtes tous uniques et un adieu ne peut pas se faire en groupe, à mon avis.

- Je vais d'abord dire merci à Pépita sans qui ce blog n'aurait jamais vu le jour.
Je continuerai forcément à venir te voir, partout où ta plume se laisse aller :-)

- Je dirai également merci à Sylvain.
Merci pour tes encouragements qui m'ont aidé à continuer à écrire. J'espère te lire très prochainement et je ne manquerai pas de te laisser mes impressions sur ton blog.
Et qui sait, peut-être après avoir lu ton livre j'aurai à nouveau envie d'écrire ?

- Merci à toi Sérénité de t'être ouverte à moi et de te montrer présente alors que tu es si loin et qu'on se connaît si peu.
Je ne te l'ai jamais dit mais pour moi, le Québec c'est un pays merveilleux.
Le Québec, c'est mon compte de fée, ma forêt émerveillée, mon miroir magique. Pour des tas de raison. Peu importe lesquelles.
Toujours est-il que depuis quelques années, je suis amoureuse du Québec et des québecois, de votre accent et de vos expressions à s'envoler par dessus nos frontières!

- Edith, je crois que je vais continuer à venir te voir régulièrement. Je veux continuer de saliver devant les histoires de Salma.
J'adore les histoires de grand-mère. Ma dernière grand-mère vient de mourir. C'est pour ça que j'avais commencé à écrire un roman sur mes grands-mères.
Je n'ai plus de grands-parents et j'ai toujours rêvé d'avoir une grand-mère comme tu les décris si bien.
En plus, une de mes meilleures amies s'appelle Salma et voir ce nom sur un personnage me fait toujours sourire.

- Michel, j'aimerais pouvoir écrire des poèmes comme tu le fais. Les sujets sont vastes et tes rimes m'emportent toujours loin.
Je ne les ai pas tous lu. Je ne viens peut-être pas régulièrement. Ils ne me touchent pas tous autant les uns que les autres mais je prends plaisir à te lire.

- Constance, notre rencontre bloggesque est très récente. Trop peut-être pour se dire Adieu. Je parais mélodramatique là mais finalement, vous parler à vous tous me donne l'inspiration qui me manquait au début de cette lettre.
Alors je ne te dirai que : continues ainsi car j'aime beaucoup ce que tu écris !

- Rem, je ne t'oublie pas. Je viens peu souvent te voir pour les mêmes raisons que j'arrête ce blog. Continue à écrire, fais en sorte d'être lu.
Ecrire est un secret qui mérite tant d'être dévoilé.

Enfin, last but certainly not least, Enigmus.
Que te dire à toi ?
Je pourrai te dire tellement de choses quand il s'agit de t'écrire!
C'est toi qui lui a redonné la vie quand la flamme commençait déjà à s'éteindre.
Tu fus alors la muse de ce blog pendant quelques jours.
Quelques jours c'est peu mais ce fut intense et ça m'a fait l'effet d'avoir un nénuphar dans les poumons.
Surtout, écris, encore et encore. Dédicace moi ton livre quand tu seras publié ;-)
Et dans tous les cas, pour toi, très cher Enigmus, ce n'est pas un Adieu. Je voudrais pas faire de jaloux mais je n'ai pas besoin de t'expliquer le pourquoi de la chose.

Un grand merci à tous d'être passé par là.
Ca fait tout drôle, j'ai l'impression de me retirer de la scène. Une petite pièce en 3 actes dont je fus l'actrice principale, pièce que j'ai trop jouée et c'est pour cela que j'ai envie de la quitter.
Et pourtant, elle fut partie intégrante de ma vie pendant quelques temps et quitter son décor et ses spectateurs me fend le coeur.
Mais ce n'est que pour aller vivre la vraie vie, et pas une pièce de théâtre.

Je vous embrasse tous.
A bientôt, ici ou ailleurs.

Sarah.
Par Sarah - Publié dans : Lettres
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Dimanche 12 août 2007
Cher journal,

cette nuit j'ai fait des rêves étranges mais tellement agréables.
J'ai rêvé que Justin Timberlake m'embrassait !!!!! Ah bah oui, quand même, pas mal non ? ;-)

En fait, j'étais à son concert et étrangement, il chantait juste derrière moi. Je chantais par dessus lui et je disais "i want you to kiss me now!".
Et là, il se penche et m'embrasse tendrement sur la bouche.
Hummmmm.... jamais je n'aurai voulu me réveiller !
Etonnée, je l'embrasse en retour (bah oui, quand même, c'est Justin! quelle fille ne llui rendrait pas son baiser??)
Et là il me dit "c'est toi qui a dit : i want you to kiss me now". (Alors qu'il savait très bien que ce n'était que les paroles de SA chanson!)

Et puis voilà qu'on est en backstage et qu'on se fait des câlins (bizarrement, je suis presque nue. Je n'ai qu'une chemise d'homme sur moi, pas de sous vêtement. Mais je ne me sens pas honteuse. Et ce n'est pas parce qu'on vient de faire des folies de notre corps!)
Il doit aller en Allemagne pour finir sa tournée.
Je lui donne mon numéro et il me donne le sien. Ce que j'aime bien dans ce rêve c'est qu'il suffit d'un smack pour que Justin Timberlake soit mon mec!
(qui a dit que j'étais en manque de mec???)

Mais il me demande de l'aider à apporter ses valises sur le parking devant l'hôtel.
Je vais dans sa chambre, au 5è étage où toutes les portes sont ouvertes. Dans sa chambre c'est le bordel. Il n'a même pas fait ses valises!
Là, je m'énerve mais je n'ai pas le choix, je fais ses valises (il y a plein de sac à dos qu'il faut remplir de petites choses inutiles qu'on a tous tendance à apporter avec soi en voyage...)

Bref, après je me retrouve dans une espèce de théâtre géant où tout le monde fait la queue pour apercevoir les stars mais moi j'ai un statut privilégiée.
Bon, le reste du rêve est tellement sans queue ni tête que je ne peux pas le raconter et puis il n'y a plus de Justin pour me faire flotter...

En soi, un rêve sympa n'est ce pas ?
Mais c'est quand j'ai entendu la voix de cet homme dont les douces lèvres ont embrassé les miennes en rêve, à la radio que j'ai eu un flash.

Justin, c'était l'incarnation de Humphrey...

Bah oui, parce que voilà, je suis allée me couchée avec un nénuphar dans les poumons.... Seule, mais quand même avec tout plein de papillons jaunes qui virevoltaient autour de moi.

A 23h45, Humphrey se connecte sur MSN.
Comme il a entamé la conversation hier, j'estime que c'est à mon tour :
"Hello, pas trop dur la reprise du boulot ?
"salut toi"

J'adore quand un mec me dit "salut toi". Je trouve ça tellement affectueux... J'ad-or-e!

Bon, on a échangé quelques banalités et puis il me dit : "tu travailles pas ce soir, tu aurais pu sortir". Ce à quoi je réponds que j'ai été en vadrouille toute la journée et que de toute façon,
tout le monde est en vacances. J'ajoute que je lui aurai bien proposé d'aller boire un verre mais je savais qu'il travaillait.

Il m'a répondu : j'ai bien un verre à la main pour compenser mais si je t'invitais à le partager avec moi, ça pourrait être mal vu.
"pourquoi?"
"un garçon qui invite une fille chez lui à 00h00, c'est pas toujours bien vu"
"et une fille qui invite un garçon chez elle?"

C'est comme ça qu'il a bien voulu changer son pantalon de pyjama pour un jean et ses pantoufles pour des baskets pour venir chez moi à 00h30!!
(on habite juste à côté maintenant cher journal. Je ne sais pas s'il l'aurait fait s'il avait du mettre plus que 5 minutes à pied...)
Je lui avais fait promettre de bien se tenir et il m'a répondu qu'il n'avait pas l'habitude de faire pipi sur le tapis du salon.

Moi, j'étais pas maquillée, en jean et tee-shirt, pas coiffée.
Bon, j'avais 20 minutes devant moi.
J'ai rangé un tout petit peu. Mais je me suis dit : c'est moi, je reste comme ça.

J'ai eu le temps d'envoyer un email à ma meilleure amie pour lui raconter mais j'avais très peur parce qu'une fille qui invite un garçon chez elle un samedi soir à 00h30, quand ils savent tous les deux qu'ils se plaisent, ça peut se finir en batifolages et s'arrêter là.

Comme l'isolation est pas très bonne chez moi, je l'ai entendu monter les escaliers. Et à chaque pas qu'il faisait mon coeur battait de plus en plus vite.
Il a frappé trois petits coups timides sur la porte.

J'ai ouvert et OH MY GOD, qu'est ce qu'il est beau ! Il s'est coupé les cheveux depuis la dernière fois. Ca lui va mieux.
Il a un jean, une chemise blanche et une veste noire.
Il est resté un instant sur le palier. J'aurai pu à cet instant l'attraper et l'amener directement à moi pour qu'il soit tout près de moi...

Je me suis contentée d'un "entre je t'en prie!"
Je lui ai fait une visite rapide (c'est petit chez moi!) et puis on a ri parce que je n'avais que du jus de pomme en brique à lui proposer.
Mais c'était rigolo de boire du jus de pomme en brique!

On était assis sur le canapé et comme jusqu'alors, on a discuté de tout et de rien.
Et plus je l'entends parler, plus je l'apprécie. Plus j'ai envie de le connaître, plus j'ai envie de m'approcher de lui et d'être contre lui et de me sentir protégée dans ses bras...

Je me rendais compte qu'au fur et à mesure je me rapprochais de lui alors que lui était sur le coin du canapé.
Je lui ai fait la remarque à un moment, il m'a répondu que s'il se mettait trop à l'aise sur le canapé il s'endormirait!

Et évidemment, j'ai réussi à savoir pourquoi, mais pourquoi il ne m'a pas appelé pendant tout ce temps.

"tiens, je suis passée devant ton resto l'autre jour"
"tu passes et tu dis pas bonjour ?"
"Il était 13h donc je me suis doutée que si tu étais là tu serais en plein rush et puis surtout, je ne savais pas si tu étais en vacances ou pas, j'avais pas de nouvelles..."
"ah oui..."

Et c'est là qu'il m'a expliqué qu'il avait eu beaucoup de choses à faire et qu'il n'avait même pas appelé sa mère en 3 semaines.
Bon, pour moi c'est pas une excuse et ça me déplaît.
Mais je lui ai dit : "oui mais tu sais quand on est une fille et qu'un mec ne nous rappelle pas, on se dit tout de suite : c'est bon il est plus intéressé, je lâche l'affaire".

C'est là qu'il m'a répondu que lui n'était pas un mec normal. Et qu'il ajouté : est ce qu'un mec normal répondrait à une fille qui le rappelle seulement 6 mois après ?
Je pense que n'importe quel mec qui n'a pas de femme dans sa vie répondrait à la demande de n'importe quelle femme qui lui plaît un minimum...

Bon, on a continué à discuter. Il était correct, très correct, trop correct. Il ne m'a pas touché (même pas fait la bise pour dire bonjour!).
Moi, je voulais l'embrasser et me recroqueviller dans ses bras...
Mais je l'écoutais parler avec plaisir parce que décidément, j'aime vraiment tout ce que je découvre derrière ce mec qui m'a dragué dans un bus à Noël dernier...

Et puis on a parlé du fait qu'il était détaché.
"oui c'est vrai, tous mes potes me le disent. Mais en fait je ne suis détaché qu'à cause des choses de la vie. Je suis quelqu'un de très attaché et j'ai trop souffert.
Je me suis trop cassé la gueule et en arrivant à la dernière marche je me suis dit : là, il faut arrêter parce que si tu tombes de cette marche là, c'est fini.
Alors maintenant je fais attention, je prends du recul et je prends mon temps pour être sûr que je fais la bonne chose et que je ne m'attache pas à quelque chose qui va me faire du mal."

J'ai peut être entendu ce que je voulais entendre mais j'ai entendu qu'avec moi, il prenait son temps pour être sûr parce qu'il ne voulait pas souffrir.
Hey, Humphrey ! You know what ? Me too !!!!! Mais je préfererais ne pas attendre trop longtemps... ;-)

Je crois que je lui plais quand même. Toi aussi cher journal tu le crois ?
Bah oui, il est quand même venu chez moi à 00h30 alors qu'il était crevé et déjà en pyjama ! Et puis il m'a dit que pour moi, il changerait la sonnerie de ses sms si jamais je voulais lui
en envoyer un à 3H30 du matin...
J'adore, j'adore, j'adore ! J'espère pouvoir le voir régulièrement et pas ne pas avoir de ses nouvelles pendant trois semaines à nouveau.
Il est parti vers 2h30. En me faisant la bise. Mais quand on se fait la bise il y a ce petit truc qui fait que nos lèvres sont tout de même assez proches l'une de l'autre...

Tu sais, c'est vrai qu'entre les deux mon coeur balance.
C'est étrange. Dans la soirée, bien avant que je ne parle avec Humphrey, Stéphane m'a appelé. On a discuté comme ça pendant 25 minutes.
De notre journée, d'un peu tout et rien. Comme un couple. Ca fait 2 ans bientôt que j'entretiens cette relation avec Stéphane. C'est la première fois qu'on s'appelait comme ça,
comme un couple quoi !
Je lui ai dis d'ailleurs. En plus, il m'appelait "ma puce" tout le temps. Il m'appelle souvent comme ça. Mais l'addition rendait ce simple coup de fil un peu plus étrange...

Et quand une heure après avoir raccroché je me suis mise à avoir le coeur qui battait parce qu'un autre homme se connecte sur MSN, j'ai eu l'impression de trahir Stéphane.
Pas de le tromper, vu que je ne suis pas avec lui.
Mais bel et bien de le trahir.
Ce n'est pas "entre les deux mon coeur balance".
C'est "avec l'un ce n'est pas possible" et avec l'autre c'est : "ce n'est pas encore le bon moment".

Est ce que ça fait de moi quelqu'un de pas bien de passer du bon temps avec l'un en attendant que l'autre soit prêt ?
Sachant que l'un est au courant de l'autre, mais l'autre pas de l'un ?

J'espère vivement pouvoir venir te voir un jour cher journal et cesser de te raconter les méandres de ma petite vie amoureuse et pouvoir simplement te parler des futurs projets
que j'entretiens avec mon petit ami.
Alors si toi tu croies en quelqu'un là haut, prie pour moi. Moi, je ne crois pas qu'il y est quelqu'un là haut. Mais je vais continuer à venir me confier à toi parce que ça me permet de prendre du recul.
Par Sarah - Publié dans : Journal Intime
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Samedi 11 août 2007
Cher journal,

gros coup de blues ce soir.
Pourtant, mon week end s'est super bien passé.

Vendredi (je ne travaillais pas) j'ai passé la journée avec ma famille. Enfin, mes parents.
Ca m'a fait du bien.
Et puis vendredi soir j'ai pu aller dormir chez Stéphane même si je n'ai pas pu dîner avec lui alors que la veille, il me disait qu'il y avait de grandes chances qu'il soit libre pour le dîner.
Mais j'ai compris. Qu'il y ait une chance ou mille qu'il travaille, le résultat est qu'il travaille.

Ensuite samedi soir, j'ai dîné avec mes soeurs. Ma grande soeur, une artiste en cuisine a préparé le dîner pendant qu'on discutait de nos histoires de filles.
Et juste avant qu'elles n'arrivent, cerise sur le gâteau : Humphrey me parle sur msn!
Ca fait une semaine qu'il est connecté tous les jours, une fois j'ai risqué un "salut" qui est resté dans le vide et voilà que, de nul part, il me parle.

On a échangé des banalités un peu.
Et puis au bout de 10 minutes je lui ai dit "dsl, je ne peux pas rester, je dîne avec mes soeurs". Sous entendu : tu vois, j'ai une vie et je ne suis pas à ta disposition.
J'ai ajouté : si tu as tjrs envie, ça me ferait plaisir de te voir.
Il m'a répondu : ça me ferait plaisirrrrr (avec tout ça comme "r"!) et avant que je n'ai le temps d'ajouter quoi que ce soit il me dit : "appelle moi".

Non mais je rêve !
Appelle moi, toi ! moi, je n'attends que ça ! J'ai passé une semaine il y a deux semaines à t'appeler et tu n'as jamais répondu ! Là, mon bel Humphrey, c'est bel et bien à toi de m'appeler.
Pour qui tu te prends ??

J'ai dit tout ça comme ça : "je crois que c'est toi le plus occupé de nous deux, je ne travaille pas jeudi, vendredi et samedi, appelle moi dès que tu as un moment de libre."
Ah oui, aussi, il avait fait une allusion comme quoi je n'aurai peut être plus son numéro donc j'ai ajouté : et si j'ai encore ton numéro, pourquoi toi, tu n'as plus le mien?
Il a répondu : "si, bien sûr, que crois tu"
J'avais trop envie de lui répondre : "je ne sais pas, tu ne l'as pas utilisé pendant tout ce temps!!!"

Bon, ça m'a un tout petit peu rassuré mais voilà, j'ai réussi à lui faire comprendre que c'est à lui d'appeler maintenant.
J'ai tout de même terminer sur un "bisous" parce que ça peut vouloir dire plein de choses "bisous".
Je me dis qu'il faudrait peut être que je lui envoie un texto demain ou après demain, pour lui montrer que je pense quand même à lui et qu'il ne doit pas avoir peur de m'appeler.

parce que malgré tout, malgré le fait qu'il ne m'ait pas appelé pendant trois semaines, il reste... Humphrey avec tout ce qui me plaît chez lui ! Et j'ai trop envie d'essayer et j'étais trop contente (comme une vraie gamine) qu'il me parle.

Bref.
Ce n'est pas trop pour ça que j'ai un coup de blues.

Aujourd'hui, j'ai participé à un grand pique-nique avec pleins de gens que je ne connaissais pas.
Stéphane devait venir avec moi.
Mais devine quoi, cher journal ? Il a travaillé !!
D'ailleurs, ça m'a vraiment énervé et je lui ai dit que ça m'énervait qu'il soit maqué avec son boulot et pas avec moi. Il m'a répondu : "tu m'engueules?"
J'avais trop envie de lui dire que oui, mais je n'oserai jamais l'engueuler parce que je sais que ça ne sert strictement à rien.

Il voulait qu'on se voit demain soir, mais il sait que je travaille.
Il m'a dit que peut être ce soir s'il ne rentrait pas trop tard, on pourrait aller boire un verre en hauteur.
Mais je sais qu'on ne pourra pas.

Et ça m'enerve !!!!!
Et puis avec Humphrey c'est compliqué ça m'enerve !!!!
Et j'ai passé une très bonne journée mais voilà, je me retrouve, encore une fois, seule chez moi, à manger sur un coin de table rapidement juste pour ne pas crever de faim,
avec mon chat qui ne veut que des câlins, en écoutant les voisins qui ne sont pas parti en vacances passer du bon temps entre amis.

I'm sick of being alone!!!!!!!!!!!
Par Sarah - Publié dans : Journal Intime
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Jeudi 9 août 2007
J'ai toujours eu envie d'écrire un roman.
Je n'ai jamais vraiment su quoi.
Quand ma grand-mère est morte il y a 3 ans, j'ai écrit, écrit et écrit, juste pour me défouler. Il y a quelques mois, j'ai fait lire ce texte a toute ma famille, et tout le monde m'a complimentée sur mon talent.
C'est ce qui m'a poussé à faire ce blog.
Ecrire pour être lue, commentée, valorisée, critiquée. Tout ça pour pouvoir m'améliorer et arriver à faire cette chose qui me tient à coeur : écrire un roman.
Bien sûr, je me donne un temps très variable dans le temps. Si ce n'est pas aujourd'hui, c'est pas grave. Je suis jeune et il est probable qu'avec l'âge ma plume devienne meilleure.

Toujours est-il que voilà, mon autre grand-mère est morte, hier.
Et là aussi, j'ai besoin d'écrire.
Alors voilà, j'ai voulu faire une ébauche d'un roman que je pense écrire sur mes grands-mères.
Ce n'est que le premier jet, si ça vous plaît, je continuerai et je vous posterai la suite. N'hésitez surtout pas à me laisser vos commentaires!


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Je m’appelle Clara.
J’ai 10 ans.
Mes arrière grands-mères sont mortes. Comme beaucoup d’arrières grand-mères. Je ne les ai pas connus.
Y a une fille dans ma classe, Solange, elle a encore son arrière grand-mère. Mais sinon, je ne connais aucune arrière grand-mère qui existe encore.
Solange adore son arrière grand-mère. Mais moi, je n’aime pas Solange. Par contre, elle m’a donné une super idée, à force de tout le temps vanter les pouvoirs de son arrière grand-mère qui est éternelle.
À vrai dire, je crois que l’arrière grand-mère de Solange, qu’elle appelle tout le temps « Nana »,n’est pas éternelle. Elle a 90 ans. 90 ans, c’est pas vieux.
Je crois que mon arrière grand-père, le père du père de ma mère, est mort à 93 ans. Et le père de la grand-mère de ma mère (la femme du père du père de ma mère), lui, est mort à 92 ans. C’était aux alentours de 1950. Pour l’époque, et pour un mec, c’est quand même fort je trouve.
Alors qu’aujourd’hui l’arrière grand-mère de Solange soit encore en vie, pour moi, c’est pas des supers pouvoirs.
C’est juste que l’arrière grand-mère de Solange a eu le grand-père de Solange à 20 ans. Et lui, il s’est marié à 20 ans aussi, avec la grand-mère de Solange. Ensemble, ils ont eu la mère de Solange alors qu’ils n’avaient même pas 25 ans. Et la mère de Solange, elle avait 18 ans quand elle a eu Solange.
Alors ce n’est pas du tout une question de super pouvoirs. C’est juste une question de maths.

Je suis pas très douée en maths.
J’aime pas trop ça et puis j’y comprends rien. Je comprends pas à quoi ça sert de savoir que 2 + 2 font 4.
J’ai toujours des mauvaises notes en maths.
Il paraît que je tiens ça de ma mère.
Ma mère, dans la vie, elle organise des mariages. Mon père, lui, je crois qu’il rêve. On n’est pas riches, mais on n’est pas pauvre non plus.
Mon père travaille, ou du moins a travaillé. Oui, il a travaillé dans la restauration. C’est comme ça qu’ils se sont connus mes parents. Parce qu’avant, ma mère travaillait dans des hôtels. Et puis maintenant, elle a une entreprise qui s’appelle « pour la vie ». C’est bête comme nom je trouve. Mais je ne sais pas si c’est elle qui l’a inventé.
Toujours est-il que des mariages, j’en ai vu plein !
Et j’aime bien ça.

Mais ce n’est pas de ça dont je voulais parler en fait.
Mon père, je disais, je crois qu’il rêve.
En fait, il passe sa vie à écrire.
Il écrit des livres, des romans. Mais je ne sais pas s’il est publié. Je n’ai jamais vu ses livres à lui chez nous.
Parfois il fait autre chose. Il traduit des livres, de l’italien au français et du français à l’italien. Il n’a rien d’italien mon père. Il a appris à l’école, et puis quand il a eu son bac en poche, il est parti en Italie, comme ça. C’est pour ça qu’il a commencé dans la restauration.
Apparemment, il était doué pour ça. Mais lui, il voulait écrire.
C’est ce qui a plu à maman je crois.
Maman, elle lit tout le temps. Elle ne fait pas beaucoup la cuisine, mais alors qu’est ce qu’elle déguste comme livres !

Je crois que c’est elle qui m’a donné ce goût pour les livres d’ailleurs. Et papa aussi, un peu, bien sûr.

En fait voilà. Si j’en crois ce que me disent mes grands-parents (qui eux sont encore en vie), je suis exactement comme ma mère quand elle avait mon âge.
La seule différence c’est qu’elle, elle jouait à la voiture avec son frère, et moi, fille unique, je rêve d’être une princesse en blanc qui attend son prince charmant « pour la vie ».
Et puis aussi, moi je fais de la danse.
Maman aimait bien danser mais elle n’a jamais pris de cours.
Je crois que c’est pour ça qu’elle était super contente l’année dernière quand je lui ai dit que je voulais faire de la danse. Juste parce que Mathilde en faisait.

Mathilde, c’est ma meilleure amie.
C’est pas comme Solange.
D’ailleurs, Solange n’aime pas Mathilde. C’est aussi pour ça que je n’aime pas Solange.

Mathilde et moi, on est dans la même classe depuis le CP. Ca fait 4 ans. On était assise à côté en CP et on s’est toujours bien entendu.
Mathilde a un grand frère, Thomas. C’est lui mon prince charmant. Il est déjà au collège, c’est un grand. Mais un grand aux yeux bleus qui fait du sport et qui promet une brillante carrière de médecin !
C’est bien un médecin comme mari, vous trouvez pas ?

Enfin, je m’égare.
J’aime bien cette expression : « je m’égare ».
Maman dit toujours : « c’est ma troisième grande mère qui disait ça ».

Voilà où je voulais en venir.
La troisième grand-mère de maman, mon arrière grand-mère adoptive est quelqu’un dont j’ai toujours entendu parler. Elle, et les deux autres grands-mères de maman.
Et en fait, comme je disais tout à l’heure, Solange, que je n’aime pas, m’a donné une idée.

En cours de français tout à l’heure, la maîtresse nous a demandé de faire une rédaction sur un membre de la famille.
On pouvait choisir qui on voulait. C’était un exercice en cours, ce n’était pas un devoir ni une interrogation écrite. On pouvait lever la main et demander à la maîtresse de nous aider.
Et Solange, avec ces airs du « moi j’ai toujours des histoires magiques à raconter » a crié : « ah bah moi je vais parler de Nana ! »

Moi, j’ai voulu parler de Papa.
Parce que Papa m’intrigue et que parfois, je me demande si Maman l’aime vraiment. Alors je me suis dit que si je faisais une rédaction sur Papa et que Maman la lisait, elle verrait comment il est sympa, Papa.
Alors j’ai fait ma rédaction.
La maîtresse a dit que c’était très bien et elle a ajouté : « Ma petite Clara (oui, je suis petite, comme ma Maman !), tu as un vrai talent pour le français !! Bravo ».

Alors j’ai décidé que je voulais faire comme Papa : devenir écrivain.

Quand je suis rentrée à la maison ce soir (oui, depuis que je suis entrée en CM2, j’ai le droit de rentrer toute seule, l’école n’est pas très loin de chez nous), j’ai tout de suite voulu annoncer la nouvelle à Maman.

Je le vois aussi moi, que Maman a les pieds sur Terre et pas Papa. C’est pour ça que pour des décisions aussi importantes que mon avenir, c’est d’abord à Maman que je veux en parler.

Elle était en train de lire sur le salon.
Je ne sais pas ce qu’elle lisait mais ça avait l’air captivant.

Quand elle m’a vu arriver, elle a levé la tête et a posé son livre sur la table à côté, à l’envers, pour garder la page ouverte au bon endroit.
Elle s’est levée et est venu m’embrasser sur le front :

« - Bonjour Clara ! Ca s’est bien passé l’école aujourd’hui ?
- Oui, il fallait faire une rédaction sur un membre de la famille. Evidemment, Solange a fait ça sur sa « nana ».
- Et toi ? Tu l’as fait sur qui ?
- Sur papa !
- Ah, très bien. Et je pourrais la lire ?
- Oui, la maîtresse a dit que c’était très bien et que j’étais très douée pour le français !
- Je suis fière de toi ma chérie.
- Oui, comme toi, t’as vu ? »

J’aime bien être comme Maman en fait. Et même si je veux être écrivain comme Papa, je voudrais être comme maman dans la vie, plus tard, quand je serai Maman, moi aussi.

A chaque fois que je dis ça, Maman sourit. Je crois que ça lui fait plaisir.
J’ai rien dit pendant un temps parce que je ne savais pas quoi dire. A la fois je voulais lui annoncer la super nouvelle, et à la fois, je voulais juste goûter.

« - Je peux goûter maman ?
- Bien sûr ! Tiens, il y a du chocolat dans le placard dans la cuisine. 4 carrés, pas plus ! »

Je ne sais pas comment goûtent les autres enfants mais je sais que chez Mathilde, ce n’est pas comme ça. Moi je n’ai pas de frères et sœurs dont je peux pas faire la comparaison, mais chez Mathilde, c’est tout le monde dans son coin et puis ils mangent n’importe quoi.
Parfois ils mangent des glaces, parfois du chocolat, souvent des biscuits comme des « prince » et j’ai déjà vu Thomas manger du fromage !
J’adore Thomas. Il ne fait rien comme les autres, c’est un original Thomas ! D’ailleurs, Thomas je vais l’épouser…
Mais bon, là c’est pas le sujet.

Et à la maison, on goûte toujours avec du pain et 4 carrés de chocolat.
J’ai l’impression que c’est un truc qui se faisait dans les années 1900. Mais Maman était pas née en 1900. Elle est née 80 ans plus tard…
Pourtant, elle y tient.
Tout comme elle tient à ce qu’on dîne tous les trois, sans la télé et que chacun parle à son tour et participe à la conversation et raconte ce qu’il a fait dans la journée.
Et régulièrement, on va dîner chez mes tantes ou mon oncle (Maman a deux sœurs et un frère !) ou chez Papy et Mamy.
Quand on va dans la famille de Maman, c’est toujours chouette. Il y a toujours une bonne ambiance et tout le monde est content de se retrouver.
Et puis comme j’ai pas de frères et sœurs, je suis contente d’avoir des cousins et des cousines pour jouer.

Quand on va dans la famille de Papa, c’est bien aussi. Mais Papa lui, a une famille éclatée et recomposée.
Apparemment c’était à la mode à leur époque. Ses parents sont divorcés et remariés et ont chacun des enfants de leurs deux mariages alors là, pour l’arbre généalogique qu’on doit faire pour la fin de l’année à l’école, moi… je m’y perds complètement !

Toujours est-il que je m’égare…

Je me suis mis à la table de la cuisine et puis j’ai dit à Maman :

« - Maman, j’ai eu une révélation aujourd’hui !
- Ah oui ? laquelle ? » elle a pris un air très intéressé. J’aime bien Maman parce qu’elle s’intéresse à moi. Papa aussi. Mais pour Papa c’est comme si j’étais encore un bébé. Alors que Maman, elle, elle me suit et elle se rend toujours compte de l’âge que j’ai.
- Je sais ce que je vais devenir plus tard !
- Et tu seras quoi ?
- Ecrivain ! »

Et là, Maman n’a rien répondu.
Elle m’a regardé, elle a souri et puis elle a dit « écrivain ? »
Alors j’ai répondu « oui, comme papa… la maîtresse a dit que j’étais douée en français, je te l’ai dit tout à l’heure ! »

Mais apparemment, Maman n’était pas contente.
Alors je lui ai dit :
« - Tu n’es pas contente Maman ?
- Ma chérie. Ecrire est un très beau métier. Tu vois tous les livres que je lis ? Ils m’emportent vers d’autres mondes, m’apprennent des tas de choses, me font découvrir tout un tas d’univers réels ou imaginaires, ils me font réfléchir parfois. C’est beau d’être écrivain. Mais ce n’est pas facile. Tu sais que ton père a des difficultés financières avec ça…
- Oui mais…
- Mais quoi ? »

Et là, je ne savais pas quoi dire parce que je n’aime pas faire de la peine à Maman.
Elle a vu que j’allais pleurer je crois alors elle m’a fait un câlin et puis elle a dit :

« A 10 ans, tu as le droit de rêver d’être écrivain. Si tu veux écrire, entraîne toi, lis beaucoup surtout et puis fait nous lire ce que tu écris. A moi, à ton père, à Papy et Mamy, à la maîtresse, à Mathilde et à sa famille. Ca va t’encourager ou te décourager mais le plus important quand on veut écrire, c’est d’être lue. Mais quand tu auras ton bac, si tu veux toujours être écrivain, il faudra quand même que tu penses à un autre métier que tu veux faire. Tu peux écrire et faire autre chose en même temps. Par exemple, enseigner. Ca ne rapporte pas beaucoup d’argent mais ça te laisse du temps. Ce n’est qu’un exemple mais voilà, je te le dis aujourd’hui Clara : si tu veux être écrivain, trouve un autre métier que tu as envie de faire ».

J’ai dit « oui maman », mais je ne suis pas sûre d’avoir tout compris.
J’ai juste dit « j’ai une idée pour un livre ! »

Et là, Maman a repris son sourire et son intérêt et son enthousiasme.
Alors je lui ai expliqué que Solange parlait tout le temps de sa « nana », même si elle le savait déjà.
Et je lui ai expliqué l’idée qui m’est venue sur le chemin de l’école.

« - Avec la rédaction, j’ai pensé à écrire sur la famille. Et puis comme Solange elle raconte que sa « Nana » a des pouvoirs surnaturels parce qu’elle est vieille alors qu’en fait c’est juste une question de maths, je me suis dit qu’on pouvait, en écrivant, faire ce qu’on voulait d’une personne qui a existé. Et toi, tu parles toujours de « mamie et Annette » J’ai jamais vu que des photos mais tu vois, puisque mes arrières grand-mères sont mortes, moi je voudrais écrire une histoire pour les faire vivre
- Oh Ma Clara ! C’est très beau cette idée. Il faut faire attention tout de même à ne pas leur faire faire n’importe quoi ! Il va falloir que tu te renseignes et…
- Oui je sais. J’ai tout prévu. J’irai parler à Papy et Mamy et à tout le monde dans la famille, et toi tu vas me montrer les photos et tu vas me parler encore de leur fou rire à cause de Pluton sur le balcon…
- Platon, me dit Maman d’un air amusé
- Oui, Platon (je sais même pas qui c’est mais c’est pas grave). Donc voilà, je vais écrire un livre sur mes arrière grands-mères pour les faire ressusciter. Et ça sera mon premier roman.
- Et comment tu vas l’appeler ce roman ?
- « je m’égare ! » dis-je dans un éclair de lucidité. Et c’est là que Maman a éclaté de rire. Ca m’a un peu vexé
- Excuse moi, ma chérie. C’est certes ce que ma troisième grand-mère disait souvent mais un titre, il faut que ça résume l’histoire, il faut que ça soit accrocheur et il faut que ça représente ce dont tu parles dans ton livre. Tu n’as jamais donné de titres à tes rédactions à l’école ?
- Non… alors je dois l’appeler comment le roman tu crois ?
- Commence à écrire. Ca te viendra peut-être après. »

Alors voilà.
Aujourd’hui nous sommes le 10 juin. C’est bientôt la fin de l’école. Et c’était la date d’anniversaire de mon arrière grand-père. Le père de mon Papy. Je sais ça mais je viens seulement de m’en rendre compte.

D’ici la fin de l’école, je vais faire le tour de la famille pour avoir des tonnes d’informations sur « mamie et Annette » et dès que l’école est finie, je passe l’été à écrire.
Et à la rentrée, mon livre sera terminé.
Par Sarah - Publié dans : Roman
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Mardi 7 août 2007
Cher journal,

je viens te voir très rapidement aujourd'hui pour te rassurer : je ne te laisse pas tomber.
J'ai juste repris le travail ! Finies les vacances, j'ai moins de tems pour toi, moins de temps pour rêver au prince charmant.

Moins de temps pour lire les autres, moins de temps pour réfléchir à ce que j'ai envie d'écrire.
Ce week-end, j'ai eu l'idée d'écrire un livre sur mes grands-mères. Ecrit par ma fille, Clara, qui elle, a eu envie d'écrire sur ses arrières grands-mères.
Mais si je veux faire ça bien, je dois réellement faire des recherches et me fixer un emploi du temps, chose que je suis incapable de faire puisque j'écris uniquement lors que j'en ai envie.

Je m'étends trop, il est 6h30, j'ai pris mon petit-déjeuner mais pas ma douche encore.
Mais j'ai eu envie de venir te voir rapidement parce que voilà, malgré tout, mon bel Humphrey me hante...

Je pense à lui tout les jours, espérant secrètement tomber sur lui dans la rue.
Et j'imagine tous les scénarii possible : faire la fille qui s'en fout mais qui est contente de le voir ? Faire la fille qui ne s'en fout absolument pas et qui va lui gueuler dessus : 'mais pourquoi, pourquoi tu ne me rappelles pas?"
faire la fille franche : 'tu sais, Humphrey, on s'est bien entendu toi et moi. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé pour toi mais si tu fais un autre essai, si tu viens me draguer à la sortie du bus,
si tu me proposes d'aller boire un verre ou d'aller me promener à Montmartre, j'accepterai volontiers.'

De toute façon, je ne le croise pas dans la rue.
Mais je le croise sur MSN,

Il est là. Je sais qu'il est là malgré son "retour immédiat". Le reste de son pseudo change au fur et à mesure des chansons qu'il écoute.

Je me lance.
J'ouvre une fenêtre de conversation : "salut, ça va?" ça, c'est la fille qui n'en a rien à foutre.
Il y a une photo de lui, avec des oreilles de diablotin et un sourire qui ne lui rend pas du tout son aspect d'Apollon qui m'avait frappé jusqu'alors.

Il ne me répond pas.
Je le hais.

J'hésite à lui envoyer un message, demain, après-demain? faire la fille détachée qui ne veut que de ses nouvelles...

Je dis que s'il me rappelait ça serait trop tard.
C'est faux.
J'ai trop rêvé de lui pour passer à côté.

Mais il ne me rappelera pas, n'est-ce-pas ?
Par Sarah - Publié dans : Journal Intime
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Dimanche 5 août 2007
Cher journal,

Bizarrement, je repense à Humphrey ces derniers jours...
Pourquoi ? Pourquoi alors qu'il ne me rappelle toujours pas ?
Et bien parce que je ne peux m'empêcher de penser que j'aurai pu vivre quelque chose de merveilleux avec lui.
Mais pourquoi ne me rappelle t il pas ?
Surtout que maintenant que je sais qu'il habite à côté de chez moi, je pense tout à le temps à lui dès que je sors faire des courses.
Et même dès que je sors tout court. Entre chez moi et le métro et entre le métro et chez moi, une seule idée en tête :
tomber sur lui.

Pourtant, Stéphane est toujours là.
Mais bon, avec Stéphane, rien ne change et rien ne changera jamais.
Il m'apporte de la tendresse et de l'affection, et plein d'autres choses encore quand je suis avec lui mais quand je ne suis pas avec lui,
je suis toujours autant en manque de mec.

En manque de mec.
Ca veut dire que je veux vivre une relation, être en couple, amoureuse et être avec mon mec pour la vie.

Je sais, cher journal, tu vas me demander ce qu'il en est de ce jeune homme à la plume si douce...
Et bien je ne sais pas mais pour des raisons que j'ai du mal à expliquer, je ne crois pas que ce soit lui mon prince charmant.
Je ne m'étendrais pas là-dessus, je n'ai pas envie.

J'avais juste envie de venir t'écrire parce que je n'ai aucune envie d'aller me coucher seule ce soir.
Et pourtant, il faudra bien.

Donc entre toi, mon journal qui m'écoute, mon chat qui ne veut que des câlins et qui maudit l'ordinateur, et un livre qui saura
me faire voyager, je vais peut-être trouver un peu de réconfort.

Bonne nuit cher journal et à bientôt.
Sarah.
Par Sarah - Publié dans : Journal Intime
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Vendredi 3 août 2007
HOMMAGE A MA TROISIEME GRAND MERE

Annette était une femme extraordinaire qui respirait la littérature sur un fond de Bach et dont les cheveux argentés rendaient jalouse ma Mamy.

Mamy et Annette étaient amies depuis des années et se sont toujours vous voyées. Elles ont quitté ce monde à 4 mois d’intervalle.
Annette a appris à Mamy à dire des gros mots.
Parce que Annette était simple.

Elle s’est baignée tout habillée dans le Lac Léman. Peu importe qu’elle n’ait pas emporté son maillot de bain, elle voulait goûter à l’eau du lac. Le soleil se soucierait bien de la sécher.

Elle se perdait sans cesse lorsqu’elle conduisait dans Paris. Mais elle faisait tous les ans le trajet Paris – Thollon-les-Mémises sans ne jamais se tromper.

Elle a passé une soirée à rire à gorge déployée avec Mamy sur le balcon de l’appartement à Thollon car elle ne trouvait pas la réponse « Platon » malgré les 20 indices de la carte de jeu. Même un simple banquet ne pu lui faire lire ce qu’il y avait sur le bout de sa langue.

Je dois un hommage à Annette parce qu’avec toute sa simplicité, toute sa générosité, malgré les cigarettes qu’elle a fumées pendant, presque, toute sa vie, et malgré ses vêtements que je trouvais affreux, Annette était ma troisième grand-mère.
Ma troisième grand-mère sans qui je n’aurai jamais écrit.
Annette, c’est grâce à toi si j’écris.
Et pour cette simple raison, je te dois hommage.

J’aimais tendrement Annette et ça m’a déchiré le cœur de devoir répondre « non » à la question « êtes-vous de la famille » à la cérémonie de son enterrement.
Pas de la famille, pas de place privilégiée.
Alors qu’elle a toujours eu une place privilégiée dans mon cœur.

Annette a toujours été là, avec ces 5 enfants. Je n’en ai jamais connu que quatre. Marion est décédée avant que je sois née. À quelques jours de la mort de Papy. C’est la perte d’être cher qui a rapprochés Mamy et Annette.
Annette a toujours eu ses 5 enfants mais jusqu’à très tard, pour moi, elle les avait eu par l’opération du saint esprit car aucun homme n’était jamais présent dans sa vie. Et dans mon esprit de petite fille, ça ne me posait aucun problème.
C’était presque normal. Mamy n’avait pas de mari, il était mort. Grand-mère non plus, ils étaient séparés.

Annette a eu une vie difficile je crois, entre la guerre et la mort Marion.
Et Annette a toujours ri et souri.
Avec Annette, on se marrait.

Mais si je dois tout à Annette aujourd’hui c’est grâce à son amour pour les livres.

Un jour, je lui ai demandé de me faire une liste des livres à lire. Elle a fait cette liste sur trois post-it que j’ai gardée pendant près de 10 ans, sans n’en lire aucun car ce n’était en réalité que des classiques.
Je me souviens seulement qu’il y avait « les Thibault » de Roger Martin du Gard. Je crois que je vais m’y essayer, juste pour pouvoir sentir un peu d’Annette entre les pages.

Quelques jours après le fou rire du balcon à Thollon, alors que j’avais 13 ans seulement, nous étions dans une petite librairie sur les bords du Lac Léman quand Annette m’a dit : « Tiens, toi qui aimes lire, tu devrais lire ça ».
Je n’ai pas réfléchi. Sans en être consciente, déjà à l’époque quand quelqu’un que je savais avoir un goût particulier pour les livres me conseillait, je lisais.

Elle m’a acheté ce petit livre de poche dont les pages sont aujourd’hui un peu cornées à force d’avoir été lu.

J’ai dû passer un jour ou deux dans la chambre de Thollon, à lire.
J’ai lu et voilà, j’ai eu envie d’écrire.

Grâce à Annette qui m’a fait découvrir Anne Frank.
Sans Annette, j’aurai probablement lu le journal d’Anne Frank, mais jamais dans ces conditions, jamais à cet âge-là, jamais à ce moment-là.
Un âge où l’on s’identifie au héros, surtout quand elle a le même âge.
Et puis il y avait le cadre.
À Thollon, la vue depuis l’appartement est… sublime, tout simplement. Pour moi, cette vue, c’est ma source d’inspiration à vie.
Une vue pleine de l’eau du Lac, eau de source, eau de vie.
Une vue pleine des montagnes helvétiques, source d’imagination d’aventures de gamins.
Une vue pleine de couchers de soleil, source de rêves et de romances.
Une vue pleine de souvenirs.

Cet appartement, Thollon, j’y suis allée enfant avec mes parents, adolescente avec mes grands-mères, et étudiante avec mes amis.

Et à chaque fois, la vue m’en a coupé le souffle.
À chaque fois, j’avais envie de rester là, planté sur le balcon, laissant le vent me nourrir et l’humidité apaiser ma soif, ignorant les autres autour de moi. Je voulais simplement rester là, sur le balcon.
Je voulais voir, ne pas rater une miette, me souvenir de chaque détail de cette peinture vivante pour pouvoir toujours la voir, simplement en fermant les yeux.

Au début, c’était facile. À 13 ans, j’étais persuadée que j’allais y revenir jusqu’à mes 18 ans, tous les étés. Ça avait fait rire Annette.

Et puis Annette est décédée des suites d’un cancer.
Et je ne fais pas partie de la famille. Je n’étais pas la seule à aimer cet appartement.
Je ne sais pas s’il fait encore partie de la famille d’Annette ou s’ils l’ont revendu.

Mais ils ne pourront jamais vendre mes souvenirs.
Entre les jeux d’Indix, de Yam et de jeux de cartes, entre les diverses lectures, entre les drôleries des petits-enfants d’Annette qui avaient entre 3 et 10 ans, je n’ai que de bons souvenirs sous cette vue tellement… magique.
Cette année-là, c’était une de premières fois que je revenais à Thollon.
C’est à 13 ans que j’ai découvert pour la première fois la vue, le bonheur du vent en haut de la montagne d’où la vue est d’autant plus impressionnante.
Ce n’était qu’une vue. Ça aurait pu être un tableau accroché sur un mur. Mais c’était vivant. Et selon l’humeur du ciel, c’était différent. Les couleurs n’étaient pas les mêmes, la température de l’air non plus, et mes yeux s’abreuvaient de tout ce qu’ils pouvaient voir de ce que je considère Beau.
En haut de la montagne, je voulais à la fois courir de bonheur et me laisser aller là, à rêver d’hommes et de belles lectures, restant à jamais à simplement regarder le lac et les montagnes suisses.

Annette trouvait que j’étais poète. Poète en herbe.
C’est probablement la seule fois de ma vie qu’on m’a qualifié ainsi. Et j’ai aimé ça. Particulièrement.

Et après avoir lu Anne Frank, je savais que moi aussi, je voulais écrire. Simplement pour pouvoir exprimer ce que je ressentais.
Ecrire était devenu ma manière à moi de peindre ce que j’avais sous les yeux.

Mais je ne l’ai jamais fait, persuadée que cette vue si particulière à mes yeux ne se déroberait jamais.

Quand j’ai compris que je n’y retournerai pas tous les ans, j’ai pris des photos.
Quand je les regarde aujourd’hui, j’ai envie de les jeter car elles n’ont rien à voir à ce que je vois quand je ferme les yeux. Et quand je les regarde aujourd’hui, je ne ressens rien de ce que j’ai pu ressentir sur ce balcon, et sur cette montagne.

Moi, si j’avais pu enterrer Annette, je l’aurai enterrée à Thollon, avec Bach qui ne cesserait de jouer sa musique qu’elle aimait tant, et avec une tonne de livres pour qu’elle n’ait jamais à relire le même livre pour l’éternité.
Je l’aurai enterré de manière à ce qu’elle puisse voir ce qui a donné vie à ma plume.
Et je l’aurai enterrée avec Mamy. Même si Mamy voulait Papy et que Annette voulait Marion. Parce que pour moi, Mamy et Annette sont mes grands-mères.
Et même si Annette n'est pas ma grand-mère de sang, c'est ma troisième grand-mère.
Et pour les faire vivre à nouveau, je devrais les écrire. Les écrire telles que je les ai connues, prêtes toutes les deux à entrer entièrement vêtue dans une piscine, faisant ainsi rire leurs petits-enfants.

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Par Sarah - Publié dans : Souvenirs
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Vendredi 3 août 2007

Avec mes deux amies hier, nous sommes allées prendre un thé chez Ladurée, quelque part en 1870.

Lorsque nous sommes entrées dans ce salon de thé, un des tout premiers de la sorte, j’ai senti que nous étions ailleurs.
L’ambiance était feutrée, les tables en marbres, les clients discrets, les patrons attentifs.

Au fond du magasin, nous avons pu apercevoir une longue file d’attente de personnes venues de tous les continents et de toutes les époques attendrent patiemment leur tour face à une vitrine alléchante de pâtisseries.

Une jeune femme, souriante et habillée à la mode des années 1870 nous invita à prendre place à une table en rebord de fenêtre.
C’était très étrange.
Nous étions toutes les trois, en robe et bottines, ayant laissé nos chapeaux au vestiaire. Trois femmes sans hommes, trois femmes hors du temps, venues passer du bon temps ensemble dans ce salon de thé à la mode.
Lorsque nous regardions au travers de la fenêtre, l’avenue des Champs Elysées s’érigeait devant nous. Elle était pleine de touristes avec des appareils photos numériques, pleine de jeunes hommes et femmes légèrement vêtus criant dans leur téléphone portable, pleine de voitures polluant l’atmosphère et ne s’arrêtant pas toujours au feu rouge.
Et nous, nous étions là toutes les trois, chez Ladurée en 1870.

Un jeune homme timide vînt nous amener la carte.
La carte était un livre en réalité.

L’introduction nous expliquait comment Ladurée était devenu ce salon à la mode. À vrai dire, Ladurée n’était qu’une petite boulangerie il y a à peine 8 ans, en 1862, située au 16, rue Royale. Et seulement l’année prochaine, en 1871, alors qu’Haussman donnera un nouveau visage à Paris, un incendie permettra de transformer cette boulangerie en pâtisserie.
Le décor de cette dernière sera confiée à un certain Jules Cheret, qui s’inspirera des techniques que l’on peut voir à la chapelle Sixtine ou à l’Opéra Garnier.
C’est sûrement pour ça que l’ambiance chez Ladurée donne cette impression d’être dans un endroit mythique et religieux où absolument tout peut s’y jouer et s’y chanter.
Et j’apprends avec plaisir que c’est une femme, fille d’hôtelier, qui va faire naître le salon de thé.
En effet, les cafés parisiens sont devenus à la mode au début du siècle et cette jeune Jeanne Souchard décida de mélanger les genres : café et pâtisserie.
Ce qui nous permet d’être là, mes deux amies et moi. Le salon de thé est ouvert aux femmes.
Sans cela, nous serions probablement restée dehors, en jean et basket, s’arrêtant chez Häägen-Dazs déguster une glace.
Pourtant, nous avons beau être en 1870 chez Ladurée, cette maison située au 75 de l’avenue des Champs Elysées ne sera ouverte qu’en 1997. Il faudra attendre plus de 100 ans pour que des jeunes Parisiennes se retrouvent à voyager dans le temps.

La suite du livre nous offre le petit-déjeuner. Il est 16h mais le brunch nous tente.
Nous passons cependant le chemin, de peur de choquer ces messieurs qui fument le cigare et nous regardent d’un œil malhabile, quelques tables plus loin.
Nous voilà enfin au vif du sujet : mille feuilles en tout genre, plaisir sucré, dacquoises au praliné, au chocolat, à la nougatine, meringue et sorbets.
Suivis d’une page entière des thés du monde entier, dont les saveurs sont aussi exquises à mes yeux que celle du dernier roman de Yasmina Khadra.

Mon amie Salma prend un lait chaud, mon amie Caroline prend un café, chose que les femmes font peu à cette époque, mais elle s’en moque. Elle est en avance sur son temps. Je me décide pour un thé de Chine, mon préféré.
Et comme nous ne savons que choisir comme pâtisserie et que notre repas quelques mètres plus haut sur l’avenue nous a déjà bien rempli l’estomac, nous manquons à faire défaillir le serveur timide lorsque nous commandons une pâtisserie et trois cuillers.

Cela nous fait bien rire.
Apparemment, il passe trop de temps dans cette maison pour se rendre compte que dehors, nous sommes en 2007.

D’ailleurs, j’ai très envie de découvrir plus que ce que Ladurée peut offrir à mes papilles et je m’offre un petit tour privé de la maison en me rendant aux toilettes.

Je dois aller à l’étage.
Dans les escaliers je croise deux femmes d’âge mur. L’une tient le bras de l’autre afin qu’elle ne glisse pas, sur ces escaliers de moquette. Elles se vous voient et s’appellent « chère amie ». Je souris en pensant à ma grand-mère qui n’était même pas née, en cette fin de XIXè siècle.
Le patron leur souhaite un très bon retour.
Il est poli, souriant, très propre et prend soin de ses meilleurs clients, les seuls qui ont l’accès au premier étage.

Les petites gens comme moi, jeune fille qui ose sortir avec ses amies sans chaperon, n’ont accès à l’étage que pour se rendre aux commodités.
Je jette tout de même un œil furtif à la salle presque vide, ornée de tables dont les nappes reluisent de blancheur, au milieu du silence que le double vitrage nous permet d’oublier le bruit incessant des voitures qui montent et descendent les Champs Elysées au rythme des feux tricolores.

Il me semble y apercevoir un conte, ou du moins quelqu’un de connu. Mais le regard désapprobateur du patron et son geste de la tête m’indiquant avec mépris que les commodités se trouvent de l’autre côté empêchent ma curiosité d’avancer plus dans cette partie de la maison.

Je suis alors ce couloir qui me paraît infini.
La moquette semble être la même à mes pieds et sur les murs. J’ai l’impression d’entendre le bois craquer à chaque pas que je fais.
Des tableaux ornent les murs de part et d’autres du couloir, représentant parfois des scènes qui ne se sont pas encore passées, puisque nous ne sommes qu’en 1870.

J’entends une porte claquer et ça me fait sursauter. J’arrive enfin au bout du couloir où, dans une espèce de vestibule, se trouvent les commodités hommes et les commodités femmes.
Je manque de me tromper car sur la porte en bois à ma droite, se trouve une gravure d’un inconnu aux cheveux longs et frisés, dont on ne peut voir que le profil.
Cet homme de la fin du XIXè siècle ressemble à une femme.
Il n’y a personne. J’entre. Le lavabo est en bois, c’est petit.

Je ressors et sur la porte qui se trouvait sur ma gauche se trouve la même gravure. Mais les femmes étaient mieux représentées à l’époque car je peux constater qu’il s’agit bien d’une femme, et non d’un homme.
Deux femmes sont à l’intérieur. L’une se lave les mains, et l’autre attend, poliment qu’elle ait terminé.
Il n’y a pas un bruit, pas de musique à part celle de l’eau qui coule de son robinet d’or. Aucune femme ne parle, comme si se retrouver en même temps dans cet endroit était une honte.
Toutes les portes sont en bois mais l’ambiance est rose. Aucun doute, il s’agit bien des toilettes des femmes.
De plus, lorsque j’entre dans le cabinet, j’ai l’impression de voir le couloir de l’appartement rue Copernic où mon père a appris à faire du vélo, lorsqu’il était enfant.

Cette maison ressemble à un château.

Alors que je me lave les mains à mon tour, sans faire de bruit, sans frôler ou croiser le regard d’une autre femme, je scrute attentivement le décor et voilà cette femme rousse aux cheveux très courts qui se repoudre le nez alors qu’une autre, blonde et qui me paraît être Américaine essaie vainement d’enlever une tâche de ketchup de son tee-shirt.

Voilà ce que c’est d’être dans les toilettes d’un château de 1870 en 2007.

Lorsque je descends, mes amies attendent toujours que les boissons soient servies. Je leur relate mon expérience inouïe à l’étage et Caroline se promet d’aller voir par elle-même un peu plus tard.

Nous discutons comme à notre habitude. Nous parlons des dernières peintures vues au Louvre et je promets à mon amie Salma que nous irons voir l’exposition dont elle me parle avant qu’elle ne prenne le bateau pour rejoindre les Indes.
Je leur raconte également aussi doucement que possible pour que les hommes aux cigares ne m’entendent pas que j’ai rendez-vous seulement quelques minutes plus tard avec un jeune homme qui me fait la cour.
On va se promener au Jardin des Tuileries.

J’ai très peur, leur dis-je, mais j’ai encore plus peur de ne pas être à l’heure car nous ne sommes toujours pas servies.
Après quelques minutes d’impatience et des fous rires que nous ne pûmes retenir, arriva enfin le lait chaud, le café et le thé.
Seulement quelques instants plus tard trôna en plein milieu de notre nappe très blanche un carré au chocolat très noir, et trois cuillers brillante d’argenterie posées à côté.

Nous ne prîmes malheureusement pas le temps nécessaire de déguster car il me fallait rejoindre ce jeune homme et je ne voulais pas le faire attendre.

Nous avons donc payé, ravie d’avoir découvert cette maison et cette époque.

Et nous sommes sorties sur l’avenue, pleine de monde, pleine de touristes et pleine de voitures, avenue qui n’est pas aussi belle qu’on le dit aujourd’hui.
Une fois dehors, nous étions de retour en 2007, énervées et déçues par l’attente que nous avons dû subir et je suis partie en courant leur promettant que je les appellerai le lendemain pour tout leur raconter.

Je me suis retrouvée à 17h précise au pied de Charles de Gaulle qui, me dis-je, est né seulement 20 ans plus tard, en 1890.
Par Sarah - Publié dans : En dehors de tout
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Jeudi 2 août 2007
Elle avait attendu ce moment pendant longtemps. Elle ne pensait qu'à ça ces derniers temps.
Mais elle avait cru qu'elle attendrait plus.

Elle s'était imaginée une rencontre à la douceur d'une soirée. Un soir où elle aurait eu le temps de prendre le temps de se faire belle.
De choisir sa manière de s'habiller, de se maquiller, de se coiffer, de mettre ses lunettes ou de ne pas mettre ses lunettes.
Même si de toute façon, elle allait devoir mettre ses lunettes pour voir celui dont elle ne savait rien parmi la foule des gens qui s'attendent,
au pied de Danton.

Et finalement, le moment est arrivé beaucoup plus vite qu'elle ne l'avait pensé.

Elle a peur. Soudainement, elle ne sait pas si c'est ce qu'elle veut.
Oui, bien sûr c'est ce qu'elle veut.
Elle aime tellement leurs échanges, elle aime la façon dont il s'est présenté. Et puis il a l'air attentionné et respectueux,
c'est tout ce qu'elle souhaite.

Pourtant, elle lui a menti.
Elle a dit qu'elle ne pouvait pas se libérer le soir. Elle pourrait décaler mais elle ne le veut pas.
Parce que si quelque chose doit se passer entre eux, elle doit le dire à Stéphane. Et ce soir, elle voit Stéphane. Elle n'ira peut-être pas
dormir chez lui, mais elle ira forcément dîner avec lui. Et elle le lui dira. Encore, à nouveau.
Pour la 4è ou 5è fois en deux ans, elle va dire à Stéphane qu'elle a rencontré quelqu'un. Même s'il ne s'est rien passé.
S'il ne s'est rien passé, elle ira dormir chez lui, et ils feront l'amour. Parce que cette nuit, ils n'ont pas fait l'amour.
Ils se sont contentés de dormir dans les bras l'un de l'autre.
Elle s'est réveillé chez Stéphane, ne pensant qu'à une seule chose : rentrer chez elle et lire ses mails. A-t-il répondu ?

Oui. Il a répondu.
Elle se croyait impatiente, il a l'air d'être encore plus impatient. Mais elle aime bien ça.
Lui, au moins, il montre son intérêt. Et elle aime ça. Ils ne se connaissent pas qu'elle a déjà l'impression d'être une princesse.

Ils doivent se voir aujourd'hui.
Ils n'auront que quelques heures pour faire plus ample connaissance.

Pour la première fois, elle va rencontrer quelqu'un qui lui plait par sa plume. Maintenant, elle a entendu sa voix.
Etrangement, sa voix n'a pas le son de sa plume.
Elle a beau le lire encore et encore, remplissant ainsi ses poumons de l'air frais et pur qui émane de sa plume, elle n'arrive pas à l'imaginer.
Tout ce qu'elle sait de lui, c'est qu'il lui plait.

Ils auraient pu se plaire, avoir 20 ans d'écart et 500 km les séparant, voire un océan.
Elle a déjà été amoureuse d'un homme qui habitait de l'autre côté de l'océan.
Le hasard a fait qu'ils peuvent facilement se donner rendez vous au pied de n'importe quelle statue de Paris.

Et ils vont se donner rendez vous quelque part dans un endroit touristique, un endroi pas du tout romantique, sous un soleil de plomb,
dans un Paris pollué, pour quelques heures seulement. A peine.

Elle a peur.
Oui, bien sûr qu'elle a peur.

Ils vont se voir et il va partir. Pas longtemps, quelques jours seulement. Mais ces dernières expériences amoureuses l'ont trop fait
souffrir pour qu'elle n'ait pas peur.

Elle a peur de décevoir, et elle a peur d'être déçue.
Elle a peur qu'ils ne trouvent rien à se dire.
Elle a peur qu'il ne rappelle pas, comme d'autres.

Il est à peine midi. Elle aurait aimé avoir le temps de respirer, le temps de faire comme toutes les filles et de passer trois heures à la salle de bain.
Mais elle n'est pas comme ça.
Elle va forcément s'embellir un peu, mais ça ne calmera en rien ce qu'il se passe à l'intérieur d'elle.

D'ailleurs, elle ne sait pas ce qu'il se passe en son for intérieur.
A la fois parce qu'elle va plonger dans un océan d'inconnu en plein milieu de Paris, à la fois parce qu'il y a Stéphane.

A chaque fois qu'elle a su que Stéphane et elle, ça s'arrêterait, elle a émis un doute.
Stéphane, c'est Stéphane.
Stéphane, elle l'aime d'une certaine manière et elle se hait de lui faire du mal, même s'il lui répète tous les jours qu'elle ne lui fait pas de mal parce qu'elle ne lui ment pas.
Elle partage tant de choses avec Stéphane que c'est toujours délicat pour elle de passer à autre chose.

Même si cette autre chose, qui flotte et brille telle une perle au milieu de cet océan d'inconnu l'attire, elle veut
être honnête. Elle veut être honnête dès le début pour ne pas souffrir et pour ne pas faire souffrir.

Alors elle sera honnête et d'une manière ou d'une autre, elle le lui dira.

Parce que s'il est celui dont elle rêve depuis à peine quelques jours, elle lui doit de s'ouvrir à lui sans tabou.
Par Sarah - Publié dans : Rêves
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Mardi 31 juillet 2007
Elle s’érige fièrement à quelques pas de l’endroit où Céline avait établi ses quartiers.
Elle prône au milieu de cette route que les gardes empruntaient pour se rendre de Paris à Versailles, avec sa tour sur le côté, tel un château qui cherche à exposer ses plus beaux atouts.

Elle est belle de l’extérieur.
Mais c’est à l’intérieur qu’elle vit.

Il faut d’abord pousser la grille toute grise, lourde en été, légère en hiver et marcher sur les gravillons qui s’entrechoquent. Ce bruit me fait penser à la maison de campagne, plus loin, qui elle, rappelle bien d’autres souvenirs.
Et puis il faut gravir les quelques marches, doucement, parce qu’elles se font vieilles. Elles ont vu trop de pieds passer, elles craquent un peu et quand il pleut, elles sont trop fatiguées pour faire attention à ne pas vous faire glisser.

J’ai pris l’habitude en insérant la clé dans la serrure de jeter un coup d’œil à la fenêtre du garage, pouvant ainsi voir si la voiture était là. Quand j’étais adolescente, c’était un moyen pour moi de savoir avant même d’être entrée si mon père était là.
Aujourd’hui, je continue de tourner la tête alors qu’un tableau peint par sœur, qui dort là en attendant son déménagement, cache la vue.

J’aime tout dans cette maison.
Quand on entre, un miroir.
Depuis la rue, on a l’impression d’entrer dehors quand la porte est ouverte.
Souvent, quand je suis sur le trottoir aujourd’hui, en route pour chez moi, et que ma mère est encore dans l’encolure de la porte, j’aperçois derrière elle un bout d’arbre, qui est en fait juste devant moi.
Ce n’est pas fait exprès mais j’aime tant cette idée, entrer dans une maison pour arriver dans le jardin.

D’ailleurs, même s’il faut traverser le salon, sa cheminée, le souvenir des airs chantés, la véranda sous laquelle se trouve les milliers de dîners et déjeuners en famille, ceux des anniversaires, de Noël, ceux où on a ri, ceux où on a pleuré, ceux où on a crié, ceux durant lesquels on s’est échangé des blagues et des secrets, le jardin reste l’endroit le plus poétique de cette maison.

Il est unique parce qu’il n’est pas plat.
Pour se rendre au fond du jardin, il faut monter. Depuis la nuit des temps se trouvent une petite allée formée de quelques dalles enfouies sous terre pendant très longtemps, que ma mère avait déterrées il y a seulement quelques années et qu’elle s’était amusée à appeler « la voie romaine ».

Et tout haut, la terrasse. Terrasse que j’ai vu se construire. Terrasse cachée entre les arbres l’été, terrasse où on a pris des apéritifs lors des doux soirs du mois de juillet, terrasse où l’on a fait quelques pic-nics, terrasse qui cache l’arbre où je m’amusais à imaginer une cabane quand j’étais enfant.
Le mur a failli s’écrouler.
Et en hiver, quand tous les arbres sont nus, la Terrasse offre un Paris d’aplomb. Ce n’est pas la plus belle vue de Paris. Mais c’est la plus simple. La tour Eiffel, le dôme des Invalides, si on se penche un peu, la tour Montparnasse, les quais, les ponts, des toits du XVè et du XVIè arrondissement.
La Terrasse, un endroit idéal pour les feux d’artifice du 14 juillet si les feuilles des arbres n’étaient pas au premier rang, volant ainsi la vedette.

Et puis il y a sa petite sœur.
La première née, la petite, au dessus du toit de la cuisine, accédant directement à la salle de bain, orientée plein sud.
La petite où l’on va boire le café après le repas, où l’on fume une cigarette, où l’on discute, où j’aime m’installer à lire au soleil. La petite plein sud où on ne peut pas rester plus de 10 minutes en été tellement le soleil tape fort.

J’aime particulièrement ce jardin car on y sent l’amour de ma mère pour ses fleurs et son herbe verte, mais surtout parce que c’est un des rares endroits qui n’a pas changé depuis mon départ.

Lorsque je veux me servir un verre d’eau dans la cuisine, je me rends compte que les verres n’ont plus la même forme.
Lorsque j’ouvre le frigo pour prendre un jus de fruit, je réalise que le frigo est à la place du congélateur et le congélateur à la place du frigo.
Lorsque j’ouvre les placards pour me faire un petit goûter, il n’y a plus ces paquets de biscuits qui se battaient pour la place quand nous étions encore tous les quatre en âge de goûter…

Je m’installe confortablement dans le salon pour regarder un peu la télé, juste pour le son des voix anglaises, les seules que nous avions le droit de regarder les soirs d’école, pour ainsi devenir bilingue plus tard.
Le pied du canapé est cassé et la télé s’éteint et se rallume toute seule.

La maison vieillit. La maison se sent seule je crois, avec tous les enfants partis, ou presque. Et je le sens.

Je suis bien là, chez moi…

Il y a cet homme, le miroir que j’ai vu toute ma vie. Ma mère pense que c’est une femme. Pour moi, c’est un homme. C’est un miroir que j’ai vu toute ma vie et que je tiens à voir toute ma vie.
J’esquisse toujours un sourire, comme si je me devais de tirer la révérence à cet homme qui m’a vu grandir, devant lequel j’ai dansé comme une folle quand personne d’autre n’était là pour regarder, celui qui a su rendre les chats étonnés d’avoir un chat en face d’eux.

Je ne vais pas faire le tour de toutes les pièces de la maison, même si elles ont toutes un souvenir particulier à m’offrir.

Ce que je veux, surtout, là, alors que je suis seule sous un ciel bleu et un soleil éclatant en pleine journée, c’est me retrouver dans ma chambre.

Je sais qu’elle n’a plus rien de mes années d’adolescente, mais dès que je pousse la porte, cette odeur m’envahit.
Une odeur de chaleur, une odeur de vieux livres.
Une odeur d’été, de sueur parce qu’on est juste sous les toits et que l’on suffoque.

Ma chambre est la dernière, au fond du couloir, la plus grande parce que ce n’était pas ma chambre mais notre chambre.
Il n’y a plus rien des affaires de ma sœur jumelle.
Il reste mon bureau et mon lit.
Et toutes les affaires de ma sœur artiste qui déménage sous peu. Il y a son bureau, il y a ses tableaux, il y a ses cartons ouverts un peu partout. Il y a toutes ses affaires en vrac sur mon lit d’enfant, il y a son ordinateur un peu poussiéreux sur mon bureau.

Je m’assois devant l’ordinateur et l’allume.
C’est un ordinateur mais j’ai l’impression en étant là d’ouvrir un vieux journal ayant appartenu à un ancêtre, et que je vais découvrir des trésors.
D’ailleurs, je ne peux m’empêcher d’ouvrir les tiroirs de mon bureau, même si je sais qu’il n’y a que quelques affaires appartenant à ma sœur.

Je soupire, levant la tête en direction de la fenêtre.
Le tableau n’a pas changé.
Un bout de ciel bleu, les fenêtres du bureau voisin, l’immeuble au fond, et quelques branches d’arbres.
Je me revois à tous les âges, rêvassant regardant par cette fenêtre au lieu d’étudier.

Je me lève, pour mieux admirer le paysage, le jardin surtout. Et je me souviens de mes moments d’adolescente où je cherchais à me réfugier seule, pendant que tout le monde regardait un film deux étages plus bas, assise sur le radiateur, les pieds sur mon bureau, un carnet sur mes genoux et un stylo à la main, cherchant l’inspiration quelque part derrière cette fenêtre.
J’y ai surtout vu une lune et les rires d’une soirée d’été.
Et puis quand le radiateur devenait inconfortable, je me laissais aller par terre, sous la fenêtre, dans un petit coin que j’avais pris soin de me créer, afin d’être le plus seule possible dans cette chambre que je partageais, me réfugiant déjà dans mes écrits.

Cette chambre est pleine de souvenir et j’ai envie de m’allonger par terre pour les laisser m’envahir.
Mais l’amas de cartons m’en empêche.
Je ne peux même pas m’allonger sur mon lit. Lit où V. m’embrassa la première fois, où j’ai fait l’amour avec lui la première fois, où on s’est dit qu’on s’aimait pour la première fois.
Ce lit où j’ai écrit et écrit et écrit.
Un lit d’enfants à tiroir pour ranger ses vêtements. Je les ouvre, persuadée qu’ils seront vides et je me rends compte que ma sœur a voulu faire de la place et y a mis des affaires à nous que nous n’avons pas prises avec nous.
Je découvre une boîte à secret que j’avais oublié, avec une lettre que j’ai écrit à mon baby sitter, dont j’étais amoureuse, parti en service militaire, avec un marque page orné de hiéroglyphes, avec une photo de classe d’enfants déguisés et avec des photos des powers rangers ! Tiens, j’aimais ça ?
Et puis lorsque j’ouvre les autres tiroirs, je les découvre pleins de livres que je n’avais pas pris la peine de prendre, soit parce qu’ils appartenaient à ma sœur jumelle, soit parce qu’ils me rappelaient les mauvais souvenirs d’école.
J’ai le soudain espoir de retrouver là le livre d’Héloïse que je cherche partout depuis mon déménagement… en vain.

Triste de ne pas avoir découvert le trésor qui me tenait le plus à cœur, je reste debout, les yeux fixés à la fenêtre qui donne sur la rue, sur Paris, sur le ciel.
Je m’en approche.
Le bas de la fenêtre m’arrive au niveau du front. Je me mets sur la pointe des pieds, je vois très nettement le toit de la maison d’en face et la tour Eiffel.
Pourtant, il y a tellement plus que ça à cette fenêtre.

J’attrape un tabouret et je me souviens de ces soirées passées, debout sur le lit de ma sœur, à scruter le vide, attendre les feux d’artifice, regarder la tour Eiffeil scintiller pendant 10 minutes, écouter la conversation des gens qui passaient par là, entendre le son du tram quelques mètres plus bas.

Je scrute le paysage, entièrement pollué mais je trouve assez facilement ce que je cherche : le concorde lafayette.
Je m’en souvenais plus grand que ça. Il est juste derrière la maison d’en face, tout petit, au loin. Ce n’est pas un monument le concorde lafayette, c’est mon monument le concorde lafayette.
Je suis loin là, mais je l’ai juste en face de moi et en même temps que tous les souvenirs que m’apportent cette chambre, le concorde lafayette au loin me laisse également un peu m’envoler vers quelques soirées volées.

Je descends de mon tabouret, retour à la réalité, les pieds à terre. Et à nouveau, j’ai envie de me laisser avaler par le sol de ma chambre, par cette moquette bleue que j’ai toujours détestée.
Mais la poussière m’en dissuade.

Je suis si bien ici. J’aimerais ne jamais en être partie. Ici, cette maison, cette chambre, cette vue et ce jardin, le son des souvenirs, c’est l’endroit où je me ressource. C’est l’endroit où je viens me consoler quand je suis triste, que mes parents soient là ou pas.
Et je ne peux m’empêcher de verser une larme quand je sais que demain, cette maison ne sera plus à leur nom. Je ne peux m’empêcher de verser une larme quand je sais que demain, je ne pourrai plus venir au milieu de la journée, humer l’air suffocant de ma chambre, respirer l’air ensoleillé du jardin, regarder clandestinement la télé, avaler un morceau de fromage dans la cuisine.

Mais je me console sachant que mon dernier souvenir dans cette chambre sera celui de quelques mots reçus dans une boîte aux lettres électronique. Quelques mots qui m’ont fait l’effet d’une douceur qui me parcoure tout le corps et me fait frissonner de plaisir.
Par Sarah - Publié dans : Souvenirs
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